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François Pervis sans concession !
Écrit par Comite Technique Piste   
04-02-2013
   (source : sportbreizh.com)
 
Le champion de France de la vitesse vide son sac ! François Pervis nous parle de sa tournée au Japon, de sa non-sélection aux JO et du mal-être des pistards français. Accrochez-vous, ça va voler !
 
François c’est un 2ème titre de champion de France de vitesse que vous décrochez à Roubaix.
« Je confirme mon titre acquis l’an passé à Bordeaux. L’année dernière, ce n’était pas une surprise mais je n’étais pas le favori tandis que cette année j’étais vraiment la favori donc je suis content de remettre ça. »
Le rôle de favori n’était donc pas très dur à supporter ?
« Non car moi je n’avais rien à perdre car j’ai déjà été champion de France en vitesse mais les autres, non. C’est donc eux qui avaient la pression. Je savais que j’étais au dessus du lot physiquement et que tactiquement je cours très bien. Je n’avais donc aucune crainte à avoir. »
Cette forme, vous la devez à votre récente sortie en Coupe du Monde mais aussi à votre tournée au Japon ?
« Ca n’a rien n’a voir avec les épreuves de Coupe du Monde car je n’en ai fait qu’une seule il y a 15 jours au Mexique. Mais c’est surtout cet hiver avec ma tournée au Japon où j’ai disputé des épreuves de Keirin avec un vélo en acier et des roues à rayon sur des pistes de 500 mètres avec toujours beaucoup de vent. Des sprints lancés à 600 voir 700 mètres ! Alors forcément, quand on revient sur une piste en bois avec un vélo tout en carbone, ça change. J’ai pris de la force et je me sens pousser des ailes. »
C'est donc une victoire à la Japonaise ?
« On ne peut pas dire que j’ai préparé ce championnat de France cet hiver lors de cette tournée. Au Japon, j’étais mon propre entraîneur et j’étais livré à moi-même. Je me suis adapté à la météo car là bas ce sont des pistes découvertes. Donc, en fonction de la météo, j’adaptais mes courses et je m’entraînais également à l’école du Keirin Japonais. Toute la journée, les élèves vont sur les pistes et moi je m’adaptais en allant m’entraîner lorsque je pouvais. Tout ça, c’est beaucoup d’adaptation et j’ai fait cela à ma sauce. Je me connais maintenant par cœur et je sais comment m’entraîner pour marcher et on va dire que c’est la méthode Pervis qui a fonctionné »
Qu’est ce qui vous a poussé à disputer cette tournée de Keirin au Japon ?
« C’est sur invitation et il faut donc avant cela se faire remarquer par les Japonais lors des manches de Coupe du Monde ou des championnats du Monde. J’ai été vice-champion du Monde du Keirin en 2009 et j’ai donc été invité. J’ai ainsi découvert avec grand plaisir cette discipline qui n’a rien a voir avec le modèle international. Et c’est comme ça que l’on débarque dans le monde du Keirin Japonais. »
Quelle est la différence entre le Keirin Mondial et celui qui se pratique au Japon ?
« Il y a beaucoup de différence car c’est un sprint par jour. Le premier jour, c’est qualification, le lendemain demi-finale et le sur-lendemain la finale. On court à 9 coureurs sur des pistes en béton, découvertes et par tous les temps, même quand il neige. Il n’y a que les typhons qui peuvent décaler la course d’une journée. Ils roulent toute l’année et dans leurs épreuves, il y a le droit au contact c’est à dire que lorsqu’un coureur vous double vous pouvez le monter à la balustrade et lui rentrer dedans en le bloquant. Il y a des chutes à toutes les courses forcément. On court avec des grosses armures sur le corps, des coques en plastique sur les épaules et les omoplates. On court avec un casque qui ressemble limite à un casque de moto. Le vélo, c'est style années 50 et on a tous le même. On est enfermé dans la piste car les gens parient sur les coureurs donc on est enfermé pendant 15 jours. On arrive la veille de la course et on se retrouve enfermé pendant 15 jours sans téléphone, sans internet , rien qui puisse permettre des contacts avec l’extérieur. On dort dans le vélodrome et même les fenêtres sont condamnées afin que l’on ne puisse pas faire de signes vers l’extérieur. C’est quelque chose de vraiment extraordinaire. Il y a des courses de 10h à 16h avec à peu près 100 coureurs. C’est vraiment atypique »
Maintenant, place au mondial qui s’annonce dans 2 semaines !
« Les championnats du Monde, c’est dans 20 jours et de mon côté j’attends de voir les sélections pour les Mondiaux. Normalement, je devrais être sélectionné pour les quatres épreuves, ce qui serait logique mais si je ne le suis pas c’est qu’il y a encore quelque chose qui clochera… Avec ce que j’ai fait sur ces championnats et avec ce qu’ont fait mes concurrents directs, franchement il n’y a donc pas photo ! Ceux qui ont marché ce week-end seront en forme dans 2 semaines tandis que ceux qui n’ont pas marché auront bien du mal à être en forme.. C’est pour ça que j’espère figurer dans les quatres épreuves. »
Ces bons résultats effacent-ils votre non sélection aux Jeux Olympiques de Londres ?
« Franchement, cela ne pourra jamais s’effacer ! Même si je deviens champion du Monde, la déception des JO restera à vie. Honnêtement, pour les JO, je me suis fait voler ma sélection. Il y avait 3 critères de sélection et j’en remplis deux bien mieux que Mickaël Bourgain ! Pour le 3ème, ni lui ni moi ne le remplissons. Statistiquement parlant, sur les quatre dernières années j’ai été vice-champion du Monde il y a 3 ans. Mickaël Bourgain, cela fait 14 ans qu’il fait du Keirin et il n’a jamais eu de médaille aux championnats du Monde. Sa dernière victoire en Coupe du Monde, elle remonte à 2005 tandis que moi c’était 6 mois avant les JO de Londres. Je fais encore 3ème récemment en Coupe du Monde. Voilà pourquoi rien ne pourra effacer cette non sélection, même si je deviens champion Olympique dans 4 ans… Potentiellement j’étais médaillable à Londres et pour la France c’est une médaille en moins… »
Vous pensez déjà à Rio ?
« Pour l’instant, je vois au jour le jour et j’essaye de trouver des financement afin d’arriver à Rio. Aujourd’hui, je suis à Roubaix, dans 15 jours je serai en Biélorussie. Rio, c’est encore très loin dans ma tête. »
Pourquoi est-il aussi difficile de réunir un budget et de vivre de votre sport ?
« Les mentalités tout simplement ! La France est un gros pays de cyclisme mais pour les pistards, il y a le désavantage du Tour de France ! On ne voit que par les routiers et le Tour… Moi-même, j’aurais aimé être routier et je n’ai vraiment rien contre les routiers. J’ai des copains qui le sont, je suis très heureux pour eux qu’ils gagnent leur vie et que le cyclisme français aille de mieux en mieux. Mais hélas, nous à côté, nous sommes vraiment trop délaissés. Quand on voit ce qu’un routier peut gagner et ce que gagne un pistard… On s’entraîne pourtant autant qu’un routier voir plus car c’est 2 fois par jour… J’ai été champion de France de vitesse vendredi et je n’ai aucun euros qui rentre… Même la Fédération a supprimé les primes aux championnats de France ! Je suis 3ème du championnat du Monde en 2010 et je n’ai eu que 700€. 3ème du championnat du Monde avec 700€ comment voulez-vous que l’on y arrive ? »
Qu’est ce qui cloche alors ?
« Tout le monde ne voit que par la route. D’année en année, la piste française s’est perdue. Il y a pourtant Coquard et Cousin qui brillent sur route et qui ont été formés sur la piste. Regardez les modèles australien et anglais. Tous les mecs sortent de la piste, y a pas à chier ! Nous, on dit et on entend les parents dirent que leur fils ne va pas courir sur la piste le samedi car il y a des épreuves sur route le dimanche… Tout ça pour aller terminer dans le peloton le dimanche. Pourquoi alors ne pas venir tourner les jambes sur la piste ? »
Vous vous érigez en porte-parole des pistards français ?
« Il faut bien car je suis quasiment le plus vieux de l’équipe de France avec Mickaël Bourgain mais les jeunes eux-aussi tiennent le même discours que moi. On est tous unanimes là-dessus : c’est dans les mentalités qu’il faut que ça change ! »
 
 
 
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